Il n'y a rien après l'Avenir.
Debout au milieu de nul part, balayé par un vent froid, les yeux brûlés par l'effroi, j'ai le visage marqué d'une mélancolie maladive. Mon sang noir et infecté s'écoule avec difficulté dans mes veines et paralyse le coeur qui d'un souffle craquant déchire le silence de ma bouche asséchée.
Mes lèvres coupées fauchent les rares mots qui tentent de s'échapper.
Ma fièvre endiablée assome les rare idées qui tentent de s'exprimer.
Au rythme de la lame, mes plaies s'ouvrent et se referment, au rythme des larmes, mes paupières s'ouvrent et se referment.
Brûlé, coupé, assoifé. Les os craquants, j'ai le regard calciné, les yeux brûlants, j'ai le squelette brisé.
Je suis...
Le clochard au fond du noir.
La pute au fond de son mouroir.
Il est trop tard. Chut, écoute ma chute.
Le silence obscur, à quoi tu penses, pourquoi tu danses sur ma sépulture.
Je ne suis pas encore mort, mes maux et mes fractures me déchirent encore.
(Mes mots d'azur ne sont plus que les nuages qui brouillent l'horizon.)
Je suis minable et raté. Lamentable et falsifié. Un disque rayé serait plus utile que toutes ces phrases stupides, à me plaindre. La gueule rongée par l'acide, la langue perfide.
BIENVENUE EN ENFER